Antiquité
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Les Annalesn° 6frmar., 03 avril 2018 16:26:38 +0200mar., 03 avril 2018 16:26:38 +0200https://annalesdejanua.edel.univ-poitiers.fr:443/annalesdejanua/index.php?id=17900Le corps du philosophe dans les biographies néoplatoniciennes : représentations du corps et exercices spirituels (iiie-ve siècles)
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Cet article examine les différentes représentations du corps et les différentes pratiques (epitêdeumata) liées au corps dans la tradition philosophique néoplatonicienne (iiie-ve siècles ap. J.-C.). L’objectif est de montrer le lien étroit qui existe entre le soin de l’âme et du corps, deux aspects complémentaires du souci de soi néoplatonicien. Ce lien très fort entre souci de soi, santé de l’âme et du corps est particulièrement visible dans les vies de philosophes de tradition néoplatonicienne écrites par Porphyre (Vie de Plotin), Jamblique (Vie de Pythagore), Eunape de Sardes (Vies de philosophes et de sophistes), Marinus (Proclus ou Sur le bonheur) et Damascius (Histoire philosophique). Deux attitudes divergentes des philosophes néoplatoniciens face au corps y sont examinées : la fuite du corps et la purification de l’âme d’une part ; le corps reflet et instrument de l’âme et donc objet d’attention et de soin d’autre part. Il s’agit de montrer, premièrement, comment les philosophes néoplatoniciens, dans leur vie quotidienne, peuvent réconcilier ces deux aspects apparemment contradictoires du rapport au corps, et de montrer, deuxièmement, comment le rapport au corps est toujours étroitement lié au soin de l’âme. This article explores two different representations of the body in Neoplatonism and their associated practices (epitêdeumata): escape from and purification of the body conceived as an obstacle to the divinisation of the soul on one hand ; attention and care of the body conceived as an image of and an instrument for the soul on the other hand. Both representations reveal a close link between self care, health of the body and health of the soul. This link is particularly noticeable in the neoplatonist biographies written by Porphyry (The Life of Plotinus), Iamblichus (The Life of Pythagoras), Eunapius (Lives of the Philosophers and Sophists), Marinus (The Life of Proclus or Concerning Happiness) and Damascius (The Philosophical History). This article aims at pointing out the presence of those two apparently contradictory relationships with the body in the philosopher’s way of life, and to indicate the close link between the care of the body and the care of the soul. mar., 24 avril 2018 10:14:39 +0200https://annalesdejanua.edel.univ-poitiers.fr:443/annalesdejanua/index.php?id=1865Ne nudarent corpora : le corps du soldat romain exposé à la violence de guerre (de la deuxième guerre punique aux Flaviens)
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L’idéal de la uirtus est souvent convoqué afin de souligner l’agressivité des soldats romains et l’exposition fréquente de leurs corps au cœur de la violence de guerre. Toutefois, les récits antiques livrent une image plus nuancée des conséquences de tels comportements. Les rapports entre gloire combattante et blessures sont complexes et le soldat estropié porte fréquemment en sa chair le soupçon de la faute, plus que de la bravoure. Cette analyse entend donc montrer que les impératifs militaires et politiques ne doivent pas être sous-estimés dans l’élaboration des normes corporelles. Ainsi, la nécessité de se protéger est une obsession présentée comme proprement romaine. La préservation d’un « corps du citoyen » plus symbolique pénètre la phraséologie politique. Réévaluer le regard romain sur le corps du soldat permet de mettre en exergue des divergences entre les prescriptions faites aux meneurs d’hommes et à la troupe. The aggressiveness of Roman soldiers and the frequent exposure of their bodies in battle are often accounted for by the ancient ideal of uirtus. Ancient texts however present a more balanced image of the consequences of such behaviors. The relationship between fighting glory and wounds is complex and the wounded soldier was more often suspected of wrongdoing than praised for his bravery. This article aims at revealing that military and political priorities are underestimated in the elaboration of bodily norms. The need for self-protection is an obsession which is considered as particularly Roman. The preservation of a symbolic “citizen’s body” even appears in political language. A reappraisal of the Roman outlook on the soldier’s body shows that only specific kinds of soldiers were allowed to take risks and that common soldiers were simply ordered to hold their positions. mer., 11 avril 2018 14:36:47 +0200https://annalesdejanua.edel.univ-poitiers.fr:443/annalesdejanua/index.php?id=1838Les deux corps du prince : corporalités impériales et traitement littéraire à travers l’exemple d’Hadrien
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Le traitement littéraire du corps du prince se faisait bien souvent à l’aune des relations de celui-ci avec le Sénat, ce qui le soumettait à une instrumentalisation rhétorique, littéraire et esthétique qui en faisait le reflet de la perception de ses pratiques de gouvernement. Le corpus du prince était censé incarner la cité ; à un corps dégradé correspondait une cité viciée, un corps social en piteux état. Ainsi les auteurs ont-ils décrit des princes ayant perdu l’esprit avec un physique altéré afin de qualifier leur gestion de l’empire. À l’inverse, un bon prince est dépeint comme beau et ce, en dépit des affections réelles qui pouvaient le toucher, son corps étant la manifestation physique des vertus qu’il possède. Cet article s’attachera à l’étude de la figure ambiguë d’Hadrien, à la fois décrite sous les deux aspects. Bel homme à la santé robuste, voyageur intrépide parcourant les routes de l’empire qu’il restructure et administre de façon équilibrée, il devient, en fin de vie, ce vieillard souffreteux, au moment même où ses relations avec le Sénat se dégradent et où on lui prête des actes de cruauté. L’Histoire Auguste lui attribue alors un corps décrépit, voire répugnant, qui n’est pas sans rappeler, sous certains aspects, les corps des persécuteurs décrits par Lactance. The literary treatment of the prince's body was often done in the light of his relations with the Senate, which subjected him to a rhetorical, literary and aesthetic instrumentalization which reflected perception of his practices of government. The corpus of the prince was supposed to incarnate the city; to a degraded body corresponded a vicious city, a social body in a pitiful state. Thus the authors described princes who had lost their minds with an altered physique in order to qualify their management of the empire. Conversely, a good prince is depicted as beautiful, despite the real affections that could touch him, his body being the physical manifestation of the virtues he possesses. This article will focus on the study of the ambiguous figure of Hadrian, described in both aspects. A man of robust health, an intrepid traveler traveling along the roads of the empire, which he restructured and administered in a balanced way, he became, at the end of his life, the old man suffering at the very moment when his relations with the Senate were deteriorating and where he is accused of acts of cruelty. The Augustan History then attributes to him a decrepit, even repugnant, body which is not unlike certain aspects of the bodies of the persecutors described by Lactantius. ven., 13 avril 2018 14:39:53 +0200https://annalesdejanua.edel.univ-poitiers.fr:443/annalesdejanua/index.php?id=1855