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“J’espère qu’ils ne seront point indignes de paraître devant Monseigneur le Dauphin1” : l’uniforme du Royal-Carabinier et la culture du paraître, 1693-1720
Par Effie Chinaud-Robert
Publication en ligne le 30 avril 2026
Résumé
This article analyses the uniform of the Royal-Carabinier Regiment as a technical and aesthetic object that contributed to the development of the regiment’s wartime culture. Between the end of the seventeenth and the eighteenth centuries, the uniform gradually became the tool of a new operational, disciplinary and sanitary efficiency, making it possible to abolish the social distinctions introduced by the pomp of certain troops. For the Royal-Carabinier, from 1693 onwards, the uniform became an active part of their identity, providing us with an original means of studying the wartime culture of these soldiers. Several questions arise. What place did the regiment occupy in the appearance of military society and in the ongoing institutionalization process ? Did the uniform have a technical or merely aesthetic role ? How did it contribute to the construction of a warrior and professional identity specific to the Carabiniers ? This paper analyze how the uniform of the Royal-Carabinier, a privilege in the early eighteenth century, reflects their particular culture of arms and their place in the military environment’s apparatus system.
Cet article propose une analyse de l’uniforme du régiment Royal-Carabinier en tant qu’objet technique et esthétique qui contribue à la construction de la culture de guerre du régiment. Si entre la fin du xviie et le xviiie siècle, l’uniforme devient peu à peu l’outil d’une nouvelle efficacité opérationnelle, disciplinaire et sanitaire en permettant d’abolir les distinctions sociales introduites par le faste de certaines troupes, pour le Royal-Carabinier, il constitue dès 1693 une part active de son identité, un ensemble matériel distinctif propre. L’uniforme du régiment offre ainsi une voie d’accès originale pour l’étude de sa culture de guerre et permet de soulever plusieurs questions. Quelle est la place du régiment dans le système de paraître de la société militaire et dans le processus d’institutionnalisation en cours ? L’uniforme revêt-il un rôle technique ou simplement esthétique ? Plus largement, comment participe-t-il de la construction d’une identité guerrière et professionnelle propre aux Carabiniers ? Cet article propose ainsi d’interroger la manière dont l’uniforme du Royal-Carabinier, qui constitue un privilège au début du xviiie siècle, témoigne de sa culture des armes particulière et de sa place dans le système de paraître de la société militaire.
Mots-Clés
Table des matières
Texte intégral
1Dans un manuscrit conservé au Service Historique de la Défense, intitulé L’Histoire du régiment Royal-Carabinier depuis sa création jusqu’à la présente année 1724, une mention attire l’œil du chercheur : « L’année 1692, les carabiniers firent le même service que la précédente, on était très satisfait d’eux, mais on commença à trouver qu’étant la plupart habillé de différentes couleurs cela n’avoit pas trop bon air »2. Cette observation, faite très probablement à l’occasion d’une revue des troupes, pointe un élément central de la culture matérielle d’un régiment : son uniforme. Ici, l’auteur met en avant la disparité de cet uniforme, notamment d’un point de vue colorimétrique et rappelle que ce dernier est destiné à rendre le corps homogène. C’est pourquoi dès sa création en 1693, l’année suivante, le Royal-Carabinier est doté d’un uniforme propre. Ce dernier constitue un privilège au début du xviiie siècle, témoignant de la culture martiale particulière du corps et de sa place dans le système de paraître de la société militaire.
2Le Royal-Carabinier, régiment particulier de par sa naissance et son fonctionnement, est une unité d’élite de cavalerie dont la spécificité technique repose sur l’utilisation de la carabine rayée. S’il est créé en tant que tel en 1693, et donné au duc du Maine, les premières expériences de soldats armés de carabines dans les armées du roi de France remontent au xvie siècle. À partir de 1679, des carabiniers apparaissent dans certaines compagnies de régiments de cavalerie, et en 1690 des compagnies entières sont créées et s’illustrent sur le champ de bataille. C’est à la suite de ces évolutions successives que naît le régiment, après le succès de l’ensemble des compagnies à Neerwinden le 29 juillet 1693. Le corps fonctionne selon un système particulier de brigades indépendantes les unes des autres, composées à l’identique, et qui sont capables de combattre à la fois collectivement sur un champ de bataille, mais aussi simultanément sur différents fronts. L’effectif total du corps s’élève à 3400 soldats et officiers en 1693. Son système de recrutement inédit, basé sur le talent militaire des recrues, met l’accent sur la valeur guerrière de l’individu sans prendre en compte ni sa naissance ni sa fortune, inscrivant ainsi le corps dans le mouvement de professionnalisation en cours dans l’armée3.
3La production archivistique autour de l’uniforme du corps est variée. Les sources descriptives et iconographiques (planches, uniformologie) ne manquent pas, mais elles concernent presque exclusivement le xviiie siècle, notamment les années 1730-17904. De nombreuses sources imprimées ou des études plus récentes présentent également des descriptions, parfois très complètes, de la tenue du régiment5. Dans le cadre de cette étude, issue de notre travail de master6, nous nous appuyons sur deux sources. D’abord, un manuscrit anonyme daté de 1724 et conservé à la bibliothèque du Service Historique de la Défense : L’Histoire du régiment Royal-Carabinier depuis sa création jusqu’à la présente année 17247, construit comme une chronique relatant l’histoire du corps de sa création à l’année 1724. Plus qu’un historique du régiment, ce manuscrit présente l’avantage d’offrir une description technique complète assortie de nombreuses planches illustrées représentant les différentes pièces de l’uniforme du régiment. Nous n’avons que très peu d’informations sur ce manuscrit, mais il semble avoir été écrit sur le modèle des historiques régimentaires. Ensuite, un mémoire dans lequel sont consignées les intentions royales dictées par Louis XIV au duc du Maine au moment de la création du régiment en 16938. Ce document est présenté comme étant écrit par le Duc du Maine, après avoir été dicté par le roi à l’occasion de la création du régiment, mais nous ne possédons pas plus d’informations concernant son contexte de production. Nous ne savons pas dans quelles circonstances le roi l’a fait rédiger, ni pour quelles finalités. Nous pouvons cependant émettre l’hypothèse que ce document incarne l’intérêt que doit porter ce corps aux questions matérielles et notamment à son uniforme. En effet, une grande partie de ces intentions concerne l’uniforme et l’armement du corps.
4Ces sources révèlent que l’habillement offre une voie d’accès originale pour l’étude de la culture de guerre du Royal-Carabinier et soulèvent plusieurs questions. Quelle est la place du régiment dans le système de paraître qui structure la société militaire ? L’uniforme des carabiniers revêt-il un rôle technique ou simplement esthétique ? Plus largement, comment participe-t-il de la construction d’une identité guerrière et professionnelle propre aux carabiniers ? Pour répondre à ces questions, il faut d’abord se pencher sur la fabrique de l’uniforme, puis montrer comment ce vêtement est au service d’un savoir professionnel et technique tout en étant un outil de distinction professionnelle et sociale.
La fabrique de l’uniforme : habiller le Royal-Carabinier
L’uniforme du Royal-Carabinier, témoin de la place particulière du régiment dans l’armée
5À compter des années 1670-1680, le port de l’uniforme se développe dans les rangs de l’armée du roi de France, en même temps que l’apparition des premières armes réglementaires. Cependant, seuls les régiments d’élite possèdent très tôt un vestiaire codifié et uniformisé. Tout au long du xviie et au début du xviiie siècle, les différents éléments qui composent l’uniforme sont fournis par le capitaine à sa compagnie ou apportés par les soldats eux-mêmes. Il s’agit alors souvent d’habits de tous les jours, empêchant une réelle uniformisation des tenues au sein d’une même troupe. Les officiers peuvent fournir des petites pièces, identiques dans les formes, mais dont les couleurs et les matières varient9. Afin de permettre une meilleure uniformisation des troupes, la masse d’entretien est instaurée en 1666. Il s’agit d’un montant d’un sou prélevé sur la solde des soldats pour financer leurs uniformes, car habiller un régiment coûte cher. Un mémoire, consigné dans le manuscrit évoqué en introduction, présente en détail les dépenses pour chaque partie de la tenue des carabiniers : tissus utilisés, volume nécessaire, type de boutons, prix des étoffes et matériaux, longueur des éléments des différentes pièces de l’uniforme. À partir de ce mémoire, nous pouvons dresser avec précisions le prix de chaque pièce du vestiaire, ce qui nous permet de saisir la cherté de l’uniforme. L’ensemble de la tenue se compose des éléments suivants : juste-au-corps, manteau, buffle, bandoulière, ceinturon, chapeau, gants, aiguillette10, bottes, housses et chaperon des pistolets. Pour les soldats et officiers (en-dehors des trompettes et timbaliers), sans prendre en compte le prix des armes et des équipements équestres qui représentent à eux seuls une somme très importante, le coût total de la tenue revient à 146 livres tournois et 9 sols11. Pour la tenue du trompette, ou du timbalier, le coût total est de 276 livres tournois (housses et chaperons non compris)12.
6Il faut attendre les années 1720-1730 pour qu’un premier règlement général soit consacré à l’habillement des troupes avec l’ordonnance royale de 1729 qui impose aux officiers d’infanterie de porter le même uniforme que leurs soldats avec une petite différence dans les draps choisis et le nombre de boutons. Cependant, ce règlement ne concerne que les troupes d’infanterie, et ce n’est qu’en 1786 qu’un règlement statue en détail sur l’ensemble des troupes françaises13. Au cours du xviiie siècle, l’uniforme devient l’outil d’une nouvelle efficacité opérationnelle, disciplinaire et sanitaire en permettant d’abolir peu à peu les distinctions sociales introduites par le faste de certains équipages14. Ainsi, les unités qui possèdent dès le xviie siècle leur propre uniforme, véritable privilège contribuant à la formation d’une identité corporative au sein de la troupe15, sont des unités d’élite, et souvent des régiments étrangers16. L’attribution d’uniformes spécifiques à certaines unités, dont le Royal-Carabinier, témoigne ainsi d’une réelle logique distinctive qui structure les rapports internes à la société militaire.
Détails et couleurs
7En 1693, à l’occasion de la création du régiment, Louis XIV dicte au duc du Maine, le propriétaire du régiment, des instructions qui vont régir le fonctionnement de la troupe. Une partie de ces instructions concerne l’habillement :
Le régiment sera habillé de bleu doublé de rouge, les cavaliers d’un bon drap tout uni et les officiers de mesme, à la réserve des boutons d’argent qu’ils auront plus propres et un galon d’argent sur les manches et aux collets des manteaux qui seront bleus comme ceux des cavaliers. Le chapeau sera bordé d’argent d’un galon plus large que celui des cavaliers. [...] Les vestes des habits des officiers seront de drap rouge bordées d’argent, avec des boutons et des boutonnières d’argent et un galon d’argent pareil à celui du juste-au-corps sur l’amadis. Les officiers auront tous des plumets blancs. Les housses des cavaliers seront bleues, toutes unies, bordées d’un galon de soie blanche, les bourses des pistolets de même. [...] Le dessus des cartouches seront de cuirs rouge bordé d’un cuir blanc et elles s’attacheront aux ceinturons17.
8Cette description très détaillée, précisant jusqu’au cuir présent sur le dessus des cartouches des armes, nous révèle l’importance que revêt l’habillement pour le Royal-Carabinier.

Fig. 1 : Sous Brigadier du Régiment Royal des Carabiniers.
(voir l’image au format original)
© Service historique de la défense, A1j 11-RES (cliché de l’auteur)

Fig. 2 : Officier du Régiment Royal des Carabiniers en manteau ouvert.
(voir l’image au format original)
@ Service historique de la défense, A1j 11-RES (cliché de l’auteur)
9Le soin apporté aux différences à observer entre les tenues des officiers et celles des cavaliers témoigne de la hiérarchie en vigueur au sein de la troupe, et plus largement de l’institution militaire. Sur la première illustration (Fig. 1), un sous-brigadier est représenté avec son chapeau bordé d’argent, un drap rouge qui sert de doublure à son manteau et la dominante de bleu sur l’ensemble de son habit. Sur la seconde planche (Fig. 2), nous pouvons également relever la bordure d’argent sur la veste de drap rouge de l’officier représenté, ainsi que les boutonnières en argent. Les pauses choisies par l’auteur des planches laissent entrevoir le désir de montrer sous toutes ses coutures l’habit du carabinier. Les coutures en fils d’argent sont soigneusement représentées sur l’ensemble de l’habit que le manteau ouvert laisse entrevoir. Toutefois, nous relevons également le souci d’une certaine homogénéité entre les tenues puisque l’ensemble du corps, toute brigade confondue, porte le même uniforme. Le régiment est ainsi pensé comme unitaire.
10Les couleurs de l’uniforme s’avèrent également très intéressantes à relever. En effet, celles-ci ne sont pas anodines, elles véhiculent un ensemble de symboles et forment un langage, un imaginaire propre. Une des spécificités des uniformes de cavalerie réside dans la diversité polychromique qui les caractérise, beaucoup plus que les troupes à pied, instaurant une véritable discipline de lecture. Les couleurs employées dans les troupes de cavalerie sont généralement vives comme le vert, le rouge ou le bleu18. Dans le cas des carabiniers, le bleu et le rouge sont les couleurs principales, comme nous pouvons le voir sur les deux premières figures. Le jeu des couleurs et des effets de matières sur ces représentations rappelle par ailleurs la richesse des matériaux utilisés et la valeur pécuniaire de cet uniforme. Le rouge possède, au xviie siècle, une certaine primauté symbolique et il est intéressant de noter que celui utilisé pour l’uniforme des carabiniers est désigné comme « écarlate ». C’est-à-dire qu’il s’agit d’un rouge vif et percutant. La teinture et les pigments qui permettent d’obtenir un rouge lumineux coûtent cher, aussi, comme le note Michel Pastoureau, « le rouge vestimentaire reste un rouge aristocratique »19. Sa présence en importante quantité sur l’uniforme des carabiniers nous informe donc sur le statut attribué au régiment. Le bleu est quant à lui promu couleur royale depuis le xive siècle. Il s’agit de la couleur dominante des uniformes des Gardes du Corps de la Maison du Roi, unités qui forment un détachement que l’on surnomme « maison bleue » en référence à cette couleur. Dans le même esprit, les unités de gendarmes et de chevau-légers forment la « maison rouge »20. Ces couleurs [rouge et bleu], ajoutées au blanc, sont celles qui se retrouvent dans les uniformes, drapeaux et étendards de très nombreux régiments royaux. Aussi, il n’est pas étonnant qu’elles soient employées pour le Royal-Carabinier. Si nous ne possédons pas plus d’informations quant au choix des couleurs, il semblerait que celui-ci fut motivé par l’appartenance du corps au groupe des régiments royaux, et par le prestige qui lui est attaché.
11Ainsi, la création d’un régiment d’élite implique de penser son uniforme comme un moyen de signifier le prestige de l’unité et de participer au développement de l’esprit de corps. Cet uniforme est également un outil technique au service d’un savoir-faire professionnel et d’une culture de guerre spécifique : l’étude de deux éléments de l’uniforme permettra de prolonger notre réflexion sur ses diverses fonctions.
Le vêtement au service d’un savoir professionnel et technique : zoom sur deux parties de l’habit
Le juste-au-corps
12L’une des parties principales de l’habit du carabinier, et plus largement du cavalier, est le juste-au-corps. Il s’agit d’un élément du vestiaire masculin qui permet aux soldats d’être mieux équipés, car il possède des poches pour y ranger du matériel et se trouve donc adapté au port de munitions. De plus, il offre une meilleure protection contre les intempéries. Dans le mémoire faisant le détail des dépenses pour chaque partie de la tenue du régiment, nous retrouvons de nombreux renseignements sur cette pièce du vestiaire du carabinier :
Il faut deux aunes ¼ de drap de Berry bleu pour le juste au corps à 6 livres tournois l’aune fait la somme de 13 livres tournois 10 sols. [...] Il faut un tiers de draps couleur écarlate pour les parements à 9 livres tournois l’aune fait 3 livres tournois. Quatre aunes et demi de serge rouge pour doubler le dit juste au corps à 28 sols l’aune fait la somme de 6 livres tournois 6 sols. Trois douzaines et demi de boutons de cuivre à queuë forte faits exprés à 10 sols la douzaine dont il y en aura des deux côtés au-devant : 1 livre tournois 15 sols. [...]21.
13À l’instar des unités de la Maison du roi, et surtout des Gardes du Corps, le Royal-Carabinier connaît la systématisation du juste-au-corps. Ici, nous pouvons noter tout le travail que nécessite la création d’une telle pièce. Celle-ci est issue d’un assemblage de nombreuses étoffes et boutons qu’il faut choisir avec soin et selon des critères spécifiques. Chaque étape de sa constitution est détaillée, tant pour les matières utilisées que pour leur prix, ce qui illustre une nouvelle fois le souci de cohérence dans l’ensemble des tenues du corps, la volonté d’avoir une troupe homogène dans ses habits, une troupe véritablement uniformisée.
Les bottes
14Comme les troupes de dragons, les carabiniers sont chaussés dans l’optique d’un service polyvalent, aussi bien à pied qu’à cheval. À cette fin, les intentions royales rédigées lors de la création du corps statuent de la manière suivante :
Pour se servir des carabiniers à pied, quand le besoin s’en présente, il faut qu’ils aient des bottes de basse tige, mais de cuir fort, avec une petit genouillère échancrée à la mousquetaire et des petits dessus d’éperons : parce qu’outre que les bottes à cuir souple durent moins longtemps et ne sont pas un si bon effet quand on escadrone, elles sont très incommoder quand il a plû parce que pour la plupart elles se durcissent à l’eau elles blessent les jambes des Cavaliers es sont plus difficiles à mettre et a oster22.
15Les intentions royales sont claires : le type de service effectué par les carabiniers nécessite un équipement spécifique. Pour ce faire, il faut qu’ils soient équipés de chaussures qui restent souples pour leur permettre une mobilité accrue, mais également pour préserver ces cavaliers d’éventuelles blessures. Ces bottes, munies d’éperons (que l’on retrouve, entre autres, sur la Fig. 2), reviennent à 18 livres tournois la paire. La description ci-dessus nous indique également que ces bottes sont « à la mousquetaire », mention qui témoigne des transferts inhérents au monde militaire. En effet, les différentes unités d’élite peuvent présenter des similitudes dans leur armement. Ici, non seulement le Royal-Carabinier possède des bottes avec une petite genouillère, à l’instar des souliers et des jambières que possèdent les dragons pour favoriser le double service- à pied et à cheval, mais il possède également une forme de genouillère échancrée similaire à celle des mousquetaires. Sandrine Picaud-Monnerat note que la tenue vestimentaire des hussards était également composée de bottines montant jusqu’aux genoux mais sans genouillères, arrondies avec des petits talons23. Même si les bottes des carabiniers ne sont pas similaires à celles des hussards du fait de l’absence de genouillères, nous pouvons noter que l’ensemble des unités spéciales des troupes royales possèdent un armement défensif et offensif distinctif.
16L’uniforme des carabiniers participe donc à la construction du régiment comme un groupe professionnel dont chaque élément doit être clairement identifiable. Il permet de distinguer les soldats en armes du monde civil, mais également de marquer une distinction entre la culture martiale du corps et celle du reste de l’armée. Cette distinction se remarque également par le soin apporté aux éléments du vestiaire des carabiniers qui deviennent, pour certains, de véritables objets esthétiques.
L’uniforme comme outil de distinction professionnelle et sociale
Se distinguer des autres unités
17Les uniformes présentent un intérêt pour reconnaître les soldats des officiers, mais également les différents régiments entre eux. Pour différencier les régiments habillés des mêmes couleurs, il faut observer les formes et directions des poches des vestes ainsi que les boutons : couleurs, positions, métal employé. Au sein des corps eux-mêmes, les différences entre les grades sont rappelées par les mêmes éléments : la présence d’un ou plusieurs boutons et la taille des bords de chapeaux par exemple. La distinction objective des grades au sein d’une même unité est surtout observable sur les tenues des officiers.

Fig. 3 : Planche présentant des coupes d’habits, 1.
(voir l’image au format original)
@ Service historique de la défense, A1j 11-RES (cliché de l’auteur)

Fig. 4 : Planche présentant des coupes d’habits, 2.
(voir l’image au format original)
@ Service historique de la défense, A1j 11-RES (cliché de l’auteur)
18La présence d’un ensemble symbolique sur l’uniforme d’un officier souligne conjointement son identité sociale et sa condition militaire. Cela participe de l’art « subtil et sensible de rendre à chacun ce qui lui était dû au regard de son grade et de sa condition »24. La majeure partie des officiers du Royal-Carabinier (Fig. 3 et Fig. 4) portent le juste-au-corps bleu (colonel-général, brigadiers, lieutenants-colonels, capitaines, lieutenants, cornettes, majors et aide-major) dont le revers des manches est rouge avec des agréments d’argent de trois en trois, l’avant et l’arrière sont bordés d’un même galon tout comme la veste. Celle-ci, ainsi que la culotte, sont de couleur rouge, les plumets blancs et les manteaux bleus avec un bordé d’argent au collet.
19Le simple carabinier est quant à lui habillé comme les brigadiers, à la différence des galons d’argent sur les manches, qui mesurent environ deux centimètres et demi de large et qui sont disposés sur la manche de chaque brigadier, en plus des trois semblables à ceux des carabiniers. Ces derniers se distinguent des cavaliers du reste de l’armée par la présence de six petits agréments de galons d’argent fin et à raison de trois par manche. Le maréchal des logis présente le même habit, à la différence qu’il n’a qu’un simple bordé d’argent au juste-au-corps et à sa veste, ainsi qu’un galon d’argent large sur le tour de la manche pour le distinguer des officiers supérieurs. Enfin, les timbaliers et trompettes sont habillés de draps bleus avec des revers de manche de drap écarlate marqués de la livrée du roi ainsi que d’un galon d’argent dans tous les entre deux des livrées (Fig. 5). Les trompettes et timbaliers possèdent donc des uniformes plus richement ornés, plus chargés, ce qui permet de bien les différencier sur le terrain, ce qui est nécessaire en raison du rôle de ces musiciens.

Fig. 5 : Trompette du Régiment Royal des Carabiniers.
(voir l’image au format original)
@ Service historique de la défense, A1j 11-RES (cliché de l’auteur)

Fig. 6 : Officier du Régiment Royal des Carabiniers en manteau fermé.
(voir l’image au format original)
@ Service historique de la défense, A1j 11-RES (cliché de l’auteur)
20À l’occasion de la venue d’un escadron de carabiniers à Rochefort en août 1709, dans le contexte de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), le lieutenant d’artillerie Ferrand de Cosay écrit dans une lettre qu’il faisait preuve d’un habillement et d’une parure qui « ne peuvent estre trop vantés »25. Plus loin, il mentionne les deux escadrons de dragons se trouvant avec celui des carabiniers et précise que ces derniers sont « plus uniformes et peut estre mieux montés que ceux des troupes nouvellement levées »26. L’uniforme apparaît bien comme un outil de repérage et de comparaison entre les différentes troupes. Le Royal-Carabinier doit s’illustrer dans « les jeux de l’apparence face au public »27, car comme nombre d’unités prestigieuses, il est exposé au regard de ce public dans une logique de l’honneur et de la distinction lors de cérémonies ou de revues.
Un objet au service de la culture de l’apparence
21L’uniforme constitue donc l’un des principaux outils de l’institutionnalisation du Royal-Carabinier, tout en étant un marqueur de distinction entre le corps et le reste de l’armée. Au sein de la cavalerie, et plus particulièrement dans les unités d’élite, au-delà de ses valeurs fonctionnelles, le vêtement constitue le point central de l’apparence du cavalier. L’ensemble des signes et symboles adoptés sur les uniformes « indiquent aux membres de la pyramide hiérarchique ou à ceux de la société civile la position ou le statut de celui qui les arbore »28. La culture de la distinction au sein de l’armée passe en partie par la naissance d’un ensemble de signes permettant à tout un chacun d’afficher son rang ou de reconnaître celui de son voisin. La parure vestimentaire au sein du monde des armes devient alors un mode de communication et permet de distinguer les soldats d’élites, les officiers supérieurs, les simples soldats29. Ce souci du paraître répond à des nécessités pratiques et sociales : il s’agit de reconnaître à celui qui porte l’uniforme un statut social prestigieux, mais aussi un certain rôle militaire en l’intégrant dans la hiérarchie du régiment. L’uniforme du régiment, au-delà de ses considérations pratiques, est un moyen de distinction, et le Royal-Carabinier ne fait pas exception. Deux planches (Fig. 2 et Fig. 6) qui représentent un officier en manteau à cheval dans différentes postures, permettent d’observer la richesse des détails de sa tenue. Les pauses choisies par l’auteur des planches laissent entrevoir le désir de montrer sous toutes ses coutures l’habit de l’officier. Les coutures en fils d’argent sont soigneusement représentées sur l’ensemble de l’habit que le manteau ouvert laisse entrevoir, rappelant la richesse des matériaux utilisés. Le soin apporté à l’uniforme dans les représentations témoigne du fait que celui-ci devient un élément central de la culture du paraître du régiment. Il est présenté comme un objet de prestige qui suscite un vif intérêt.
22On retrouve dans les riches collections du musée de l’Armée, une veste attribuée à un officier de carabinier datant du xviiie siècle (période 1720-1762) qui illustre parfaitement comment certains uniformes deviennent avec le temps des pièces d’apparat (Fig. 7 et Fig. 8). Il s’agit d’une sorte de gilet qui se porte sous l’habit, fait de peau claire et de toile (les manches sont manquantes dans le cas présent). L’ensemble de la veste est brodé de fils d’argent et les poches et boutonnières sont richement ornées. C’est la répartition du décor de la veste, de trois en trois sur le devant et par cinq sur les poches, qui permet d’attribuer cette veste au corps des carabiniers. La veste présente sur le devant, des deux côtés, sept ensembles de trois agréments brodés au fil métallique argenté. Ils correspondent à autant de boutons argentés montés sur bois décorés d’un motif dont la forme se rapproche de celle d’une croix en leur milieu. Les boutonnières des quatre premiers groupes sont ouvertes, ainsi que les deux premières boutonnières du cinquième groupe d’agréments. Deux poches aux rabats importants se composent du décor suivant : trois agréments disposés verticalement, au-dessus de chacune des poches. Ils portent chacun un bouton, cinq agréments verticaux sur le rabat lui-même et à nouveau cinq agréments sous la poche. Le dos du gilet (dont nous n’avons malheureusement pas de cliché), est en toile blanche, avec trois galons d’attache en tissu blanc.

Fig. 7 : Gilet d’officier de carabiniers.
(voir l’image au format original)
© Paris - Musée de l’Armée, Dist. GrandPalaisRmn / Émilie Cambier (cliché de l’auteur)

Fig. 8 : Gilet d’officier de carabiniers.
(voir l’image au format original)
© Paris - Musée de l’Armée, Dist. GrandPalaisRmn / Émilie Cambier (cliché de l’auteur)
23L’habit est bien un élément de distinction, il pourrait donc aussi s’agir d’un vêtement civil. On connaît en effet d’autres exemplaires de veste arborant ce même décor et qui semblent pourtant appartenir à des individus étrangers au monde des armes. Par exemple, il existe des modèles similaires à la veste précédemment citée, dont une pièce conservée au musée des Arts Décoratifs de Paris30. Il s’agit d’un gilet avec des manches, qui ressemble fortement à la veste des carabiniers, comme en témoignent, entre autres, la disposition des boutons par trois et par cinq. Pour autant, il n’est pas possible d’établir avec certitude que ce gilet ait appartenu à un soldat du régiment et il se peut qu’il ait été dans le vestiaire d’un civil.
Conclusion
24Ainsi, l’uniforme du corps détermine en partie son identité, sa culture et participe grandement à son institutionnalisation. Porté sur le champ de bataille ou lors de représentations, il devient l’un des rouages d’un système matériel plus large que le corps produit. Il permet également aux militaires de marquer une nette séparation avec le reste de la société, témoignage presque ostentatoire de leur profession. Par conséquent, l’étude de celui-ci dans ses significations, figurations, colorations et découpes, informe de manière pertinente les particularités de notre objet d’étude, permet l’analyse d’un système vestimentaire qui lui est propre et qui relève en partie d’une culture de l’apparence. À l’image des autres troupes d’élite de la Maison du roi ou des unités de dragons, un uniforme spécifique et reconnaissable témoigne d’une culture de guerre particulière. Le vestiaire d’un régiment est donc bien synonyme d’une identité : il agit comme un intermédiaire culturel, un témoin social.
Bibliographie
Sources - Service Historique de la Défense
Série A1, Archives du ministère de la Guerre
Sous‑série A1, Correspondance du Secrétariat d’État à la Guerre
-
A1 2182 : Lettres officielles, dedans du Royaume, divisé en cinq sections. 1ère section : lettres de M. le Duc de Maine en faveur d’officiers d’artillerie, de suisses et de carabiniers.
Sous‑série A3, Fonds divers
-
A3 74 : Mémoires sur la guerre, xviiie dont « intentions du roi sur son régiment de carabiniers ».
Série Y, Archives collectives et individuelles du personnel
Sous‑série Ya, Archives administrative du département de la Guerre
-
Ya 500 : Habillement, tenue et équipement : ordonnances, projets, règlements, instructions, mémoires, 1703-1775.
Bibliothèque patrimoniale
Henri Feist, Les carabiniers, 1693‑1871, Recueil de cinquante-sept planches, Nancy, 1919‑1921.
Eugène Leliepvre, Costume Militaire. Ancien Régime, textes et dessins par Eugène Lelièpvre, peintre des armées, Paris, Édition Hussard du Marais, 20 feuillets, couleur et noir et blanc.
Lemeau (de la Jaisse), Abrégé (2e) de la carte générale du militaire de France, en forme de supplément : depuis l’établissement de la Monarchie jusqu’au premier mars 1735 : avec les promotions des maréchaux de France, des officiers généraux et des brigadiers des armées du Roy, et les nouveaux colonels et mestres de camp d’infanterie, de cavalerie, et de dragons, à Paris avec approbation et privilège général du Roy, 1735.
Manuscrit (réserve), L’Histoire du régiment Royal‑Carabinier depuis sa création jusqu'à la présente année 1724, contenant les règlements, les habits, uniformes, le payement et la manière de marcher, camper et combattre, Bibliothèque Militaire, Tome XI.
Musée de l’Armée
Gilet d'officier de carabiniers, n° d'inventaire : 09408 ; Gb 1617.
Études
Roland Barthes, « Histoire et sociologie du Vêtement », Annales. Économies, sociétés, civilisations, n. 3, 1957, p. 430‑44.
Jean‑Pierre Bois, « Le Régiment des Carabiniers de Monsieur à la fin de lʼAncien‑Régime », Revue Historique des Armées, n. 1, 1980. p. 29‑60.
Olivier Chaline, Les armées du roi. Le grand chantier, xviie‑xviiie siècle, Paris, Éditions Armand Colin, 2016.
Effie Chinaud‑Robert, Le temps retrouvé des carabiniers. Première étude de la culture de guerre du Royal‑Carabinier (1693‑1715), mémoire de Master 2 soutenu à l’Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne sous la direction d’Hervé Drevillon, IHMC/IEGP, 2021 [mémoire non publié]
André Corvisier, Armées et sociétés en Europe de 1494 à 1789, Paris, PUF, 1976.
Hervé Drevillon, « La tenue militaire entre uniformité et distinction sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV », dans Signes et couleurs des identités politiques du Moyen Âge à nos jours, dir. Martin Aurell, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 381‑392.
Hervé Drevillon, L’individu et la guerre. Du chevalier Bayard au Soldat inconnu, Paris, Éditions Belin, 2013.
Le faste et la fureur. L’armée française de Rocroi à Valmy, dir. Hervé Drevillon et Dominique Prévôt, Paris, Éditions Somogy, 2018.
Les dernières guerres de Louis XIV, 1688‑1715, dir. Hervé Drevillon, Bertrand Fonck et Jean-Philippe Cenat, Rennes, Presses Universitaires de Rennes/SHD, 2017.
Histoire militaire de la France. Des Mérovingiens au Second Empire, tome I, dir. Hervé Drevillon et Olivier Wievorka, Paris, Perrin & Ministère des Armées, 2018.
Alain Fougeray, « Soldats du roi : les sources iconographiques des uniformes de l’Ancien Régime », dans Combattre, gouverner, écrire. Études réunies en l’honneur de Jean Chagniot, Paris, Economica, 2003, p. 385‑397.
Marjorie Meiss, La culture matérielle de la France, xvie‑xviiie siècle, Paris, Armand Colin (Collection U), 2016.
Michel Pastoureau, Rouge. Histoire d’une couleur, Paris, Éditions du Seuil (Point Histoire), 2019.
Michel Pastoureau et Dominique Simonet, Le petit livre des couleurs, Édition du Panama (Points Histoire), 2005.
Sandrine Picaud‑Monnerat, La petite guerre au xviiie siècle, Paris, Economica, 2010.
Les canons de l’élégance, Catalogue d’exposition, dir. Dominique Prévôt, Olivier Renaudeau et Ronan Trucas, Paris/Dijon, Musée de l’Armée/Éditions Faton, 2019.
Daniel Roche, La culture des apparences. Une histoire du vêtement, xviie-xviiie siècle, Paris, Éditions Arthème Fayard (Collection Point Histoire), 1989.
Le cheval et la guerre du xve au xxe siècle, dir. Daniel Roche, Versailles, Édition de l’Association pour l’académie d’art équestre de Versailles, 2002.
Documents annexes
- Fig. 1 : Sous Brigadier du Régiment Royal des Carabiniers
- Fig. 2 : Officier du Régiment Royal des Carabiniers en manteau ouvert
- Fig. 3 : Planche présentant des coupes d’habits, 1
- Fig. 4 : Planche présentant des coupes d’habits, 2
- Fig. 5 : Trompette du Régiment Royal des Carabiniers
- Fig. 6 : Officier du Régiment Royal des Carabiniers en manteau fermé
- Fig. 7 : Gilet d’officier de carabiniers
- Fig. 8 : Gilet d’officier de carabiniers
Notes
1 SHD, A1 2182, folio 9.
2 SHD, Manuscrit (réserve), L’Histoire du régiment Royal-Carabinier depuis sa création jusqu’à la présente année 1724, folio 10.
3 Pour plus d’informations sur l’histoire du régiment, se référer entre autres à l’article de Jean-Pierre Bois, « Le Régiment des Carabiniers de Monsieur à la fin de lʼAncien-Régime », Revue Historique des Armées, 7e année, n. 1, 1980, p. 29-60.
4 Voir par exemple : SHD, YA 500, Habillement, tenue et équipement : ordonnances, projets, règlements, instructions, mémoires. 1703-1775 ; Henri Feist, Les carabiniers, 1693-1871, Recueil de cinquante-sept planches, Nancy, 1919-1921 ; Eugène Leliepvre, Costume Militaire. Ancien Régime, textes et dessins par Eugène Lelièpvre, peintre des armées, Paris, Édition Hussard du Marais, 20 feuillets, couleur et noir et blanc.
5 Voir par exemple : Lemeau (de la Jaisse), Abrégé (2e) de la carte générale du militaire de France, en forme de supplément : depuis l’établissement de la Monarchie jusqu’au premier mars 1735 : avec les promotions des maréchaux de France, des officiers généraux et des brigadiers des armées du Roy, et les nouveaux colonels et mestres de camp d’infanterie, de cavalerie, et de dragons, à Paris avec approbation et privilège général du Roy, 1735.
6 Effie Chinaud-Robert, Le temps retrouvé des carabiniers. Première étude de la culture de guerre du Royal-Carabinier (1693-1715), mémoire de Master 2 soutenu à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction d’Hervé Drevillon, IHMC/IEGP, 2021 [Mémoire non publié].
7 Histoire du régiment Royal des Carabiniers depuis sa création jusqu’à la présente année 1724. Contenant les règlements, les habits, uniformes, le payement et la manière de marcher, camper et combattre, Bibliothèque Militaire, Tome XI, Dépôt de la guerre / Bibliothèque du Service Historique de la Défense.
8 SHD, A3 74 : Mémoires sur la guerre, xviiie dont « intentions du roi sur son régiment de carabiniers ».
9 Sur ces questions, voir entre autres : Hervé Drevillon, « La tenue militaire entre uniformité et distinction sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV », dans Signes et couleurs des identités politiques du Moyen Âge à nos jours, dir. Martin Aurell, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 383-385 ; Roland Barthes, « Histoire et sociologie du Vêtement », Annales. Economies, sociétés, civilisations, 12ᵉ année, n. 3, 1957, p. 430-441 ; Daniel Roche, La culture des apparences. Une histoire du vêtement, xviie-xviiie, Paris, Éditions Arthème Fayard (Point Histoire), 1989, p. 568.
10 Cordon à bout de métal servant d’attache.
11 SHD, Mémoire instructif pour habiller, armer et monter un cavalier du régiment Royal des Carabiniers avec le prix de chaque chose suivant les achats faits en différents temps.
12 Ibid.
13 Le faste et la fureur. L’armée française de Rocroi à Valmy, dir. Hervé Drevillon, Dominique Prévôt, Paris, Éditions Somogy, 2018, p. 71-73.
14 Hervé Drevillon, L’individu et la guerre. Du chevalier Bayard au Soldat inconnu, Paris, Éditions Belin, 2013, p. 120.
15 H. Drevillon, (op. cit. n. 14), p. 121.
16 Clément Oury, « Au cœur de la bataille : l’expérience des combats de la guerre de Succession d’Espagne », dans Les dernières guerres de Louis XIV, 1688-1715, dir. Hervé Drevillon, Bertrand Fonck, Jean-Philippe Cenat, Rennes, Presses Universitaires de Rennes/SHD, 2017, p. 125.
17 SHD, A 374.
18 Thierry Sarmant, « Une seconde cavalerie : les dragons de Louis XIV et de Louvois », dans Le cheval et la guerre du xve au xxe siècle, dir. Daniel Roche, Versailles, Édition de l’Association pour l’académie d’art équestre de Versailles, 2002, p. 235-236.
19 Michel Pastoureau, Rouge. Histoire d’une couleur, Paris, Éditions du Seuil (Point Histoire), 2019, p. 138.
20 Le faste et la fureur… dir. Hervé Drevillon, Dominique Prévôt (op. cit, n. 13), p. 86-87.
21 SHD, Mémoire instructif pour habiller, armer et monter un cavalier du régiment Royal des Carabiniers avec le prix de chaque chose suivant les achats faits en différents temps.
22 SHD, A 374.
23 Sandrine Picaud-Monnerat, La petite guerre au xviiie, Paris, Economica, 2010, p. 218.
24 Hervé Drevillon, « La tenue militaire… » (art. cit. n. 8), p. 390.
25 SHD, A1 1699, folio 96.
26 Ibid.
27 Hervé Drevillon, « La tenue militaire … » (art. cit. n. 8), p. 390.
28 Dominique Prévôt, Olivier Renaudeau, Ronan Trucas (dir.), Les canons de l’élégance, Catalogue d’exposition, Paris/Dijon, Musée de l’Armée/Éditions Faton, 2019, p. 141.
29 Dominique Prévôt, Olivier Renaudeau, Ronan Trucas (op. cit. n. 31), p. 118.
30 Gilet ayant potentiellement appartenu à un carabinier, conservé au Musée des Arts Décoratifs, département des collections textiles, acquis auprès du comte de Vogüe. Informations transmises par Dominique Prévôt, musée de l’Armée.
Pour citer ce document
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